L’Union Européenne vient de publier les statistiques 2018 sur la proportion des énergies renouvelables dans la consommation pour chacun des pays membres. Un point d’étape sur la voie de la transition énergétique en Europe. Avec une part des EnR en France très éloignée des objectifs fixés, notre pays se classe parmi les mauvais élèves.

Énergies renouvelables, la France au pied du mur

Les chiffres publiés par Eurostat, la direction Statistiques de l'Union Européenne, ne sont pas flatteurs pour la France. Ils dressent un constat sans appel : la part des énergies renouvelables n'augmente pas suffisamment dans notre pays. En se basant sur ces données relatives à 2018, l'objectif fixé pour les EnR en France de 23% de la totalité de la consommation finale d'énergie brute en 2020 semble inatteignable. Il ne le sera d'ailleurs probablement pas. Le gouvernement le reconnaît notamment pour la chaleur renouvelable dans son projet de Programmation Pluriannuelle de l'Énergie.

La France a également des engagements européens avec un objectif global de 23 % de renouvelables en 2020 qui a été décliné pour la chaleur renouvelable en cible de 33% en 2020. Cet objectif ne semble pas atteignable dans les délais prévus.

Certains pays comme la Suède, l'Italie ou la Grèce par exemple avaient déjà en 2018 atteint ou dépassé leurs objectifs. La France accuse de son côté un retard de 6,4 points de pourcentage (pp). Au rythme observé du développement des EnR sur notre territoire, aucun miracle n'est à espérer concernant les chiffres 2020. Une situation d'autant plus pénible que la tendance est favorable au niveau européen. La part des énergies renouvelables dans l'UE est en effet globalement en hausse : 18% en 2018 contre 17,5% en 2017.

Maigre consolation, la France n'est pas le pays le plus en retard. Seuls les Pays-Bas font pire cependant avec 6,6 pp d'écart sur leurs objectifs.

EnR en France : et maintenant ?

Confrontée à ses engagements européens et, espérons-le, poussée par une prise de conscience de l'urgence climatique, la France multiplie depuis 15 ans les mesures législatives et les effets d'annonce. La réalité rattrape toutefois les pouvoirs publics qui sont tiraillés entre plusieurs enjeux comme la transition énergétique ou la place du nucléaire. La réforme de l'ARENH fait ainsi partie des sujets brûlants.

Les énergies renouvelables sont donc un moyen et une contrainte pour les gouvernements successifs. Ils permettent en effet de baisser fortement les émissions de gaz à effet de serre. Tout en influant sur la stratégie énergétique française. Les choix doivent alors être politiques et accompagnés par des mesures incitatives et coercitives. Sous peine d'alourdir une facture qu'il faudra quoi qu'il en soit payer un jour.