Électricité et gaz : accises, TURPE, ATRT, ATRD : l’addition complète de l’été 2026
Quatre mouvements en quatre mois : voilà ce que votre facture d’électricité et de gaz professionnelle a traversé depuis le printemps. L’ATRT a bougé en avril, l’ATRD en juillet, puis les accises et le TURPE ont pris le relais au 1er août. Voici, mouvement par mouvement, ce que cela change réellement pour vous.
Ce qui change au 1er août 2026
Deux mouvements distincts entrent en vigueur le même jour, et ils ne racontent pas la même histoire.
Commençons par l’accise sur l’électricité (ex-TICFE), qui évolue à la baisse selon votre profil de raccordement. Si vous êtes une TPE ou une PME avec un compteur inférieur ou égal à 36 kVA, comme la plupart des ménages, elle recule de 30,85 à 30,62 €/MWh, conformément à la loi de finances pour 2026. Si votre entreprise dépasse 36 kVA, le tarif baisse de 26,58 à 26,35 €/MWh : 20,42 €/MWh de tarif normal, auxquels s’ajoutent 5,93 €/MWh de majoration ZNI (pour financer la péréquation tarifaire pour la Corse, les DOM-TOM et les îles). Sur le gaz, en revanche, rien ne bouge : l’accise (ex-TICGN) reste strictement inchangée à 16,39 €/MWh depuis février.
Le même jour, le TURPE 7 (le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité) augmente lui aussi : +3,04 % sur le réseau de distribution (Enedis) et +3,34 % sur le réseau de transport (RTE), selon la délibération de la CRE du 21 mai 2026.
Mis bout à bout, ces deux mouvements, combinés à l’intégration du nouveau mécanisme de capacité dans le calcul des tarifs réglementés, conduisent la CRE à proposer une hausse moyenne de +2,5 % TTC du tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE) au 1er août. Elle chiffre cet effet à environ +26 € par an (mais sur la base de son profil de référence habituel, 4,5 MWh par an, proche d’un foyer standard). En pratique, ce repère donne l’ordre de grandeur de la hausse, sans être représentatif de la consommation d’un site industriel ou multisites.
Une accumulation de mouvements depuis le printemps
Le 1er août ne se lit pas isolément : depuis avril, les tarifs de réseau et les taxes d’acheminement ont déjà bougé à plusieurs reprises et chaque échéance a sa propre logique.
- Au 1er avril, le tarif ATRT (transport du gaz, réseaux NaTran et Téréga) a progressé de +3,41 %, selon la formule d’indexation annuelle prévue dans le cadre de l’ATRT8.
- Au 1er juillet, le tarif ATRD (distribution du gaz, GRDF et entreprises locales de distribution) a augmenté de +5,87 % en moyenne, avec un effet estimé à environ +1,5 % sur la facture TTC d’un client gaz standard.
- Ce même jour, la CTA électricité reste stable, à 15 % pour les sites raccordés à Enedis et 5 % pour ceux raccordés à RTE, sans changement depuis février. Sur le gaz, lune baisse de coefficient avait été actée début juin, de 83,21 % à 72,71 %, avant d’être annulée par un arrêté publié la veille de son entrée en vigueur. Le coefficient reste donc à 83,21 %, et le montant de la CTA gaz progresse mécaniquement avec la hausse de l’ATRD, qui sert de base de calcul.
L’effet cumulé de ces quatre échéances ne se ressent pas de la même façon selon l’énergie. Sur le gaz, la pression porte sur l’acheminement (ATRT et ATRD), pendant que l’accise reste stable et que la CTA progresse sans compensation. Sur l’électricité, l’accise recule légèrement, mais le TURPE et le nouveau mécanisme de capacité tirent le niveau moyen des tarifs vers le haut.
Et pour les clients encore au tarif réglementé ?
Si vous êtes raccordé en basse tension avec une puissance souscrite inférieure ou égale à 36 kVA, vous pouvez encore relever du Tarif Bleu réglementé, à condition de respecter les critères de TPE : moins de 10 salariés, chiffre d’affaires ou bilan inférieur à 2 millions d’euros. Ces critères se vérifient, notamment via notre guide sur l’éligibilité au tarif réglementé de vente d’électricité. Pour ce segment, la hausse proposée de +2,5 % TTC s’appliquera directement au 1er août, sans marge de négociation. Attention, ce sera l’occasion pour certaines entreprises de découvrir qu’elles ne remplissent plus les critères d’éligibilité et basculent, de fait, vers le marché.
Ce qu’il faut vérifier maintenant
Trois points de vigilance suffisent à objectiver l’impact réel sur votre contrat :
- Le poids relatif de la part taxes et réseau dans votre facture, car l’effet dépend directement de cette structure contractuelle, sans possibilité de renégociation sur ces éléments avec votre fournisseur.
- Votre éligibilité effective au tarif réglementé, si votre entreprise en relève encore.
- Sur le gaz, la cohérence de la ligne CTA facturée avec le maintien du coefficient à 83,21 % et l’assiette ATRD actualisée.
Pour une entreprise multisites ou multi-énergies, ces échéances dispersées dans le temps compliquent le pilotage budgétaire. Une revue de contrat permet d’objectiver la trajectoire réelle plutôt que de subir les annonces au fil de l’eau, notamment via notre accompagnement sur la taxe sur l’électricité.
Vous souhaitez objectiver l’effet réel de ces évolutions sur votre budget énergie ? Échangez avec un consultant énergie d’Alliance des Énergies pour une étude personnalisée et sans engagement de votre contrat.