Nouvelle annonce du gouvernement au sujet de l’avenir d’EDF. L’État français a décidé de lancer une OPAS pour reprendre le contrôle sur l’énergéticien. L’offre publique d’achat simplifiée sera prochainement déposée devant l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Déjà propriétaire à 84% d'EDF, l'État français a annoncé mardi dernier sa volonté de lancer une OPAS afin de renationaliser à 100% le fournisseur historique. Sur le principe comme sur les conséquences à court et moyen termes, cette nouvelle renforce l'instabilité des marchés de l'énergie.

Une renationalisation proche des 10 milliards d'euros

Le ministère de l'Économie devrait déposer son offre de rachat d'ici début septembre 2022. L'OPAS a été privilégiée en lieu et place d'une loi de nationalisation dont la dernière remonte à 1981. Cependant, les débats risquent d'être agités à l'Assemblée nationale qui devra voter les crédits nécessaires au rachat dans le cadre de la loi de finances rectificatives pour 2022. Le coût de l'opération est évalué à 9,7 milliards d'euros.

Cette renationalisation prochaine devrait aider le groupe à sortir d'une crise financière et structurelle latente mais aussi manifeste. Entre le lancement de 6 EPR supplémentaires dont le premier en cours de construction accuse un retard de 10 ans (Flamanville), la maintenance des réacteurs actuelle qui réduit de moitié la capacité de production électrique et le manque à gagner par la revente d'électricité à bas coût, la dette d'EDF est estimée à hauteur de 60 milliards €.

"Cette opération donne à EDF les moyens nécessaires pour accélérer la mise en œuvre du programme de nouveau nucléaire voulu par le président de la République, et le déploiement des énergies renouvelables en France" a déclaré le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

Vers une restructuration totale d'EDF ?

Cette renationalisation n'est sans doute que la première étape avant une restructuration totale d'EDF puisque Bercy a conclu cette annonce en déclarant : "Cela permet à l'État de reprendre le contrôle des activités les plus régaliennes de notre production décarbonée. Ça permet aussi d'ouvrir avec plus de sérénité des chantiers à extrêmement long terme. Ce n'est pas le bout des projets que nous avons pour EDF, s'agissant tant de sa production que de son organisation, mais c'est une étape très importante."

En effet, il faudra que le nouveau propriétaire régule la vente d'électricité via l'ARENH et la manière de financer ses nouveaux projets. Il lui faudra aussi décider d'une réorganisation interne des différents services et entités d'EDF. Le bruit court que le but de cette reprise en main totale est de diviser le groupe en deux entités : l'une financière et l'autre industrielle. Un chantier qui promet de secouer l'actualité de l'énergie en France et en Europe pendant les prochains mois.