Électricité et gaz : pourquoi tant d’entreprises changent de fournisseur en ce début 2026
Un chiffre a retenu notre attention début juillet : sur les trois premiers mois de l’année, près d’un site professionnel sur sept a changé de fournisseur d’électricité. Un niveau jamais mesuré par la CRE depuis la création de cet indicateur. Le gaz naturel suit la même pente. Plus qu’un accident de calendrier, c’est le signe d’un mouvement engagé depuis plusieurs années qui s’accélère, avec lequel il va falloir composer.

Un pic qu’on n’avait jamais vu dans les statistiques de la CRE
La Commission de régulation de l’énergie a publié le 3 juillet 2026 son Observatoire des marchés de détail du premier trimestre. Le chiffre parle de lui-même : 14,8 % des sites professionnels ont changé de fournisseur d’électricité entre janvier et mars 2026, contre un précédent record de 10,3 % au premier trimestre 2021. Sur le gaz naturel, le taux de switch atteint 11,2 %, un niveau qui n’avait plus été observé depuis le premier trimestre 2024 sur le marché de l’énergie.
Rien de mystérieux à ce pic en soi : le début d’année concentre traditionnellement les échéances contractuelles, beaucoup de contrats professionnels arrivant à terme au 1er janvier. Ce qui change, en revanche, c’est l’ampleur du mouvement une fois ces échéances passées.
Les volumes le confirment. Au 31 mars 2026, 3,83 millions de sites non résidentiels sur 5,41 millions étaient en offre de marché, soit près de 71 % du parc professionnel, contre 3,79 millions au trimestre précédent. Les fournisseurs alternatifs ont gagné 258 000 sites sur la période, quand les fournisseurs historiques en perdaient 216 000. Côté gaz, où les tarifs réglementés ont disparu depuis le 1er juillet 2023, tous les sites professionnels sont déjà en offre de marché, et 375 000 des 621 000 sites, soit 60,4 %, sont désormais fournis par un acteur alternatif.
À titre de comparaison, le résidentiel avance à une tout autre vitesse : 232 000 sites supplémentaires sont passés en offre de marché électricité sur le trimestre, contre 303 000 au trimestre précédent, et 47,2 % des sites gaz résidentiels sont chez un fournisseur alternatif.
Ce que ce record change concrètement pour votre entreprise
Derrière ces chiffres, il y a une réalité réglementaire assez simple à comprendre : le filet des tarifs réglementés de vente d’électricité (TRVE) se resserre, trimestre après trimestre, pour les professionnels. Depuis 2016, seules les entreprises de moins de 10 salariés, avec un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros et une puissance souscrite limitée, y ont encore accès. Au 31 mars 2026, 1,578 million de sites non résidentiels restent au tarif réglementé, en baisse de 26 000 sur le trimestre.
Concrètement, pour une entreprise qui ne coche plus ces cases, il ne reste qu’une porte : comparer les offres de marché. Et la concurrence, sur ce terrain, est bien réelle. Au premier trimestre 2026, 24 fournisseurs ont commercialisé en moyenne 76 offres différentes en électricité, dont 55 % à prix fixe et 22 % indexées sur le TRVE. Cinquante-neuf de ces 76 offres intégraient tout ou partie de garanties d’origine renouvelable.
Sur le terrain, cette diversité est une bonne nouvelle pour qui sait la lire, mais elle brouille aussi la comparaison si on s’arrête au prix affiché : durée de garantie, périmètre exact de l’indexation, part verte, conditions de résiliation. Un contrat à prix fixe « hors acheminement » et un contrat à prix fixe intégral peuvent sembler équivalents sur le papier et se comporter très différemment dès que le tarif d’acheminement (TURPE) évolue.
Sécuriser un changement de fournisseur sans rupture d’approvisionnement
Dans les dossiers que nous suivons, trois points reviennent systématiquement avant la signature d’un nouveau contrat :
- le délai de préavis du contrat en cours,
- la date d’échéance réelle,
- la nature de l’offre proposée (prix fixe, indexé sur un prix de référence, ou formule propre au fournisseur).
Dans ce contexte, s’y prendre plusieurs mois avant l’échéance pour mettre les fournisseurs en concurrence change tout : cela permet d’arbitrer sereinement entre plusieurs offres, plutôt que de subir la pression d’un délai trop serré.
Pour une entreprise multisite, les dates d’échéance des différents contrats ne coïncident pas toujours, et une bascule mal séquencée peut fragiliser la visibilité budgétaire sur plusieurs exercices. Une revue coordonnée de l’ensemble des sites, avant chaque vague de renouvellement, reste la meilleure façon de garder la main sur sa trajectoire de coûts.
Pour les entreprises qui veulent sécuriser cette démarche, notre accompagnement en négociation de contrats d’énergie s’appuie sur un réseau de plus de 25 fournisseurs d’énergie partenaires.
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