Le gouvernement a décidé hier d’augmenter le plafond ARENH.  Ce ne sont plus 100 TWh d’électricité nucléaire réservés aux fournisseurs alternatifs mais 120 TWh à compter du 1er avril et jusqu’à la fin de l’année 2022. Une annonce qui va redonner de l’air aux entreprises.

+20 TWh d'ARENH à 46,2 €/MWh

Cette augmentation du plafond ARENH arrive à point nommé pour les fournisseurs alternatifs mais aussi pour les consommateurs. En effet, le prix de la molécule des offres de l'Accès Réglementé à l'Électricité Nucléaire Historique défie toute concurrence en comparaison avec ceux du marché de gros. Il évolue cependant légèrement à la hausse pour permettre à EDF de limiter un minimum ses pertes : son tarif passe de 42 €/MWh à 46,2 €/MWh.

La Commission de régulation de l'énergie va devoir de son côté établir un arbitrage. Soit elle augmente de 20 % les droits ARENH de chaque fournisseur, soit elle met en place un nouveau guichet pour attribuer aux différents acteurs le volume désormais disponible de 120 TWh.

Qui va payer l'addition ?

C'est assurément une bonne nouvelle pour les professionnels. Le dépassement du plafond ARENH leur permettra partiellement de surmonter les prix étourdissants de l'énergie et en particulier ceux de l'électricité. Par contre, cette nouvelle mesure, ajoutée au blocage des TRV, va coûter cher : environ 8 milliards d'euros.

Bruno Le Maire, Ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance a annoncé qu'il ne devrait pas y avoir de rattrapage des coûts en compensation. Le poids financier sera supporté à 100% par l'État et EDF.

ARENH, un dispositif conflictuel

Cette augmentation du plafond ARENH était réclamée depuis plusieurs années par les fournisseurs alternatifs. Le total de leurs demandes pour 2022 avait ainsi atteint 160,36 TWh.

Depuis sa mise en place en 2011 jusqu'en 2025, le dispositif a toujours été au cœur des débats entre les fournisseurs alternatifs, EDF et le gouvernement. La cause principale de ces désaccords vient principalement du plafond (jugé trop bas par les fournisseurs alternatifs) et du prix de vente (jugé trop bas par EDF).

La crise de l'énergie actuelle a d'ailleurs récemment poussé la Commission de régulation de l'énergie à conseiller au gouvernement d'augmenter le plafond ARENH. C'est désormais chose faite. Toutefois, le manque à gagner pour EDF est problématique et certaines voix s'élèvent pour signaler qu'il s'agit d'une aide de l'État en faveur des concurrents du fournisseur historique. Le sujet reste donc brûlant.