Le marché des énergies renouvelables en France

Deux critères expliquent l’apparition et surtout le développement du marché des énergies renouvelables en France. Premièrement, la volatilité et la tendance haussière des cours de l’électricité et du gaz. Deuxièmement, la nécessité de réduire les gaz à effet de serre et de préserver les ressources naturelles. Les gisements de charbon et de pétrole notamment s’épuisant à grande échelle, trouver des solutions alternatives était de toute façon une obligation. De tous les marchés de l’énergie, celui des EnR connaît la plus forte progression.

La loi de transition énergétique pour la croissance verte adoptée en 2015 a fixé deux objectifs de développement durable concernant l’énergie. Pour renforcer l’indépendance énergétique de la France et lutter contre le changement climatique, les pouvoirs publics veulent porter la part des EnR d’ici 2030 à :

  • 32% de la consommation finale d’énergie
  • 40% de la production d’électricité

Les énergies renouvelables sont ainsi passées en France de 9,3% de la consommation finale en 2006 à 16% dix ans plus tard. Les énergies renouvelables occupent aujourd’hui la 4e position parmi les sources primaires d’énergie.

  1. Énergie d’origine nucléaire
  2. Produits issus du pétrole
  3. Gaz
  4. EnR

Description des principales énergies d’origine renouvelable

Marché des énergies renouvelables en 2018

Bois énergie

Structurellement en baisse mais toujours largement en tête en volume parmi les sources d’énergie renouvelable, le bois énergie est très controversé. Les pouvoirs publics le comptent parmi les sources renouvelables même si ceci est sujet à caution car le renouvellement des forêts se produit sur de très longues durées. L’empreinte écologique du bois énergie pose de toute façon problème. Principalement utilisé en tant que combustible pour l’électricité ou le chauffage, il dégage alors de fortes émanations polluantes (particules en suspension, etc.).

Hydraulique

L’hydroélectricité est la 2e énergie de source renouvelable la plus consommée en France avec environ 20% en 2018. C’est un peu supérieur à la moyenne mondiale qui approche les 16% (chiffres 2018 également). L’énergie hydraulique est issue de l’énergie cinétique tirée d’un cours d’eau. Celle-ci est transformée via une turbine en électricité. La production de l’hydroélectricité est d’un coût relativement faible à double titre : financier et émission de gaz à effet de serre. Son poids environnemental est cependant discuté à cause des infrastructures importantes qu’elle nécessite (barrages hydrauliques) et leur impact sur la vie humaine, la faune et la flore.

Biocarburants

Un biocarburant a pour origine de la matière végétale, animale ou des déchets. Les principaux biocarburants sont le biogazole et le bioéthanol. Ils sont incorporés en complément respectivement dans le gazole (jusqu’à 10%) et l’essence (entre 65% et 85% pour l’E85). Bien que leur impact sur l’environnement, notamment pour l’émission de gaz à effet de serre, soit un sujet de débat, la loi des finances 2019 a repris la taxe TGAP, renommée Taxe Incitative relative à l’Incorporation de Biocarburants, pour inciter les fournisseurs de carburants à incorporer les biocarburants dans la distribution d’essence et de gazole. Une deuxième génération de biocarburants est développée à partir de matières non alimentaires, contrairement à la 1e génération.

Pompes à chaleur

Ces équipements diffusent (en l’amplifiant) la chaleur présente dans l’air, la terre ou l’eau de mer notamment dans un bâtiment comme des locaux professionnels par exemple. Une pompe a chaleur a néanmoins besoin d’une source annexe pour fonctionner (gaz ou électricité). La gamme de pompes à chaleur disponibles est très vaste avec plusieurs critères distinctifs : mode de fonctionnement, technologie, domaine d’application, puissance… Un coefficient de performance est attribué à chaque modèle en croisant ces données.

Éolien

Deux types de production d’énergie éolienne existent : énergie éolienne terrestre (onshore) et l’éolien en mer (offshore). Cette source d’énergie d’origine renouvelable est en forte augmentation avec une présence importante dans le Nord de la France notamment. En mer, des installations posées ou flottantes sont en place ou en projet avec un objectif de production pour 2023 de 2,4GW et environ 5 GW en 2028.

Source solaire et autres énergies d’origine renouvelable

Les autres EnR représentent en cumulé un peu plus de 10% de la consommation finale. L’énergie solaire thermique diminue tandis que le solaire photovoltaïque progresse fortement. Citons également sur le marché des énergies renouvelables la filière biogaz, la géothermie, etc.

Miser sur les EnR : un intérêt stratégique

Les pays n’ayant pas accès à des ressources d’énergie fossile ou nucléaire ont d’autant plus intérêt à développer leur production d’énergie d’origine renouvelable. C’est un moyen pour eux de gagner leur indépendance énergétique et donc de sécuriser le fonctionnement de leurs entreprises, la qualité de vie des habitants, etc.

Les EnR sont aussi une solution pour minimiser l’impact des prix du gaz et de l’électricité. Comme elles sont par nature inépuisables, les énergies renouvelables n’imposent pas de problématique de gestion des stocks sur le long terme.

Bien sûr, développer des filières d’énergie renouvelable a un poids financier important. Le prix d’une électricité solaire photovoltaïque est ainsi plus important que son équivalent d’origine nucléaire. Un grand nombre de facteurs entrent en jeu mais il est admis que le déploiement des EnR aura comme conséquence d’en réduire le coût sur la durée. C’est déjà le cas pour l’énergie éolienne (terrestre et en mer) ou la géothermie d’origine volcanique qui sont tout à fait compétitives.

De nombreux fournisseurs proposent des offres “vertes”. Ne pouvant techniquement garantir que l’énergie consommée par le client est effectivement d’origine renouvelable, le fournisseur fournit un certificat garantissant qu’un volume d’énergie “verte” équivalent à la consommation réelle a été injecté dans le réseau.