Prix du mégawattheure (MWh) en 2026 : niveaux, composantes et ce qui peut changer
En 2026, le prix du MWh n’est plus un simple indicateur à suivre dans une newsletter de marché. Pour une entreprise, c’est devenu un paramètre de gestion à part entière. Derrière un même chiffre se cachent des réalités très différentes selon l’énergie concernée — prix électricité ou prix gaz —, le type de contrat signé, ou encore le profil de consommation du site. L’objectif de ce guide est de mettre des mots clairs sur ce que recouvre réellement le prix du MWh, donner des repères sur les niveaux observés en 2026, et surtout aider à identifier ce qui mérite vigilance au moment d’arbitrer.
Prix du MWh : de quoi parle-t-on exactement ?
La première confusion à lever est simple : le prix du MWh n’est jamais un chiffre unique. C’est une construction, composée de plusieurs briques, que l’on a trop souvent tendance à mélanger lorsqu’on compare des offres ou des factures, notamment lorsqu’il s’agit d’évaluer un tarif MWh entreprise.
Commençons par les unités
Dans le quotidien, on raisonne en kilowattheures. Mais dès que l’on parle de contrats professionnels, d’analyses budgétaires ou de comparaisons d’offres, la référence devient le MWh, soit 1 000 kWh. Ce changement d’échelle n’est pas anodin : raisonner en €/MWh permet de comparer des volumes significatifs, d’éviter les effets d’optique, et de parler le même langage que les fournisseurs.
Un prix “complet” repose sur trois briques
- La fourniture d’énergie
C’est la partie la plus visible du tarif MWh entreprise. Elle découle soit de prix de marché au jour le jour (spot), soit de prix sécurisés à l’avance (terme), soit d’un mix des deux, selon que le contrat est indexé, fixe ou hybride. - L’acheminement
Cette brique dépend beaucoup du site : puissance souscrite, usages, saisonnalité, continuité d’activité. Dans la structure prix énergie, son poids est souvent sous-estimé en électricité, tandis qu’en gaz, il répond à des logiques de réseau et de pression spécifiques. - Les taxes et contributions
Elles obéissent à des règles publiques, parfois mouvantes, et leur impact varie fortement selon l’activité et les volumes consommés.
Spot, terme, contractuel : ne pas tout confondre
Le prix spot reflète l’équilibre instantané entre offre et demande. Le prix à terme permet de sécuriser un niveau à l’avance. Le prix contractuel, lui, résulte d’un choix stratégique d’indexation et de couverture. Mais il ne correspond jamais, à lui seul, au prix réellement payé, qui intègre acheminement et fiscalité.
L’idée clé à retenir : deux offres affichant le même €/MWh peuvent aboutir à des factures très différentes. Comparer sans préciser le périmètre, c’est comparer des choses qui ne sont pas comparables.
Ce qui fait réellement varier le prix pour une entreprise
Profil horaire, puissance, saisonnalité, continuité d’usage, paramètres techniques, qualité des données de comptage : sur le terrain, ces éléments pèsent parfois davantage que le niveau de marché lui-même.
Photographie 2026 : niveaux de prix du MWh et lecture “ligne de facture”
En 2026, parler de prix du MWh n’a de sens que si l’on précise le moment, le marché et le périmètre. Les niveaux observés début janvier donnent des repères utiles, mais en aucun cas des références universelles pour un tarif MWh entreprise.
Repères de marché début janvier 2026
Sur l’électricité, les prix observés sur le marché EEX France se situent, selon les heures et les conditions, dans une fourchette d’environ 55 à 75 €/MWh en spot. Côté produits à terme, les échéances CAL 27 gravitent autour de 65–75 €/MWh, les CAL 28 plutôt entre 60 et 70 €/MWh, et les CAL 29 souvent légèrement en dessous.
Sur le gaz, au PEG, les prix spot se positionnent fréquemment entre 30 et 40 €/MWh, très sensibles à la météo et aux flux physiques. Les prix à terme montrent une structure descendante : CAL 27 autour de 35–40 €/MWh, CAL 28 un cran en dessous, et CAL 29 parfois encore plus bas.
Premier point de méthode : ces niveaux ne concernent que la brique “énergie” de la structure prix énergie. Ils ne disent rien, en l’état, du prix contractuel final ni du prix facturé.
Pour tout comprendre du marché de l’énergie, consultez notre rubrique Marché de l’énergie
Du prix de marché au prix payé
Pour une entreprise, le prix du MWh sur la facture résulte toujours de l’addition de trois blocs : la fourniture, l’acheminement et la fiscalité. C’est précisément à ce stade que naissent la plupart des incompréhensions. Deux entreprises exposées au même prix de marché peuvent afficher des tarifs MWh entreprise très différents, uniquement en raison de leur profil ou de leurs paramètres contractuels.
Deux points de vigilance spécifiques à 2026
D’abord, la fiscalité. En l’absence de loi de finances définitivement votée pour 2026, certaines accises et modalités restent transitoires. Les taxes intégrées en début d’année peuvent évoluer en cours d’exercice, ce qui impose de lire chaque prix avec son cadre fiscal explicité.
Ensuite, la réforme progressive des heures creuses / heures pleines. Les plages historiquement creuses ne correspondent plus systématiquement aux périodes les moins coûteuses pour le système électrique. À prix de fourniture identique, deux entreprises peuvent désormais constater des écarts de facture significatifs liés à leur profil horaire réel.
En 2026, lire un prix sans analyser la structure des consommations horaires devient un angle mort.
Évolution récente 2023–2025 : ce qui a réellement pesé sur les prix du MWh
Entre 2023 et 2025, l’évolution des prix ne s’explique pas seulement par les marchés. Elle reflète surtout un changement profond des règles du jeu, commun au prix électricitécomme auprix gaz.
La fin de l’ARENH : un basculement structurel
L’ARENH a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis, l’électricité nucléaire est valorisée à un prix de marché, éventuellement encadré par le VNU ou structurée via des contrats de long terme comme les CAPN. Pour les entreprises, cela signifie une chose très concrète : la part nucléaire n’est plus un amortisseur automatique. Le prix dépend désormais pleinement du contrat, de sa durée et du moment où il est sécurisé.
Des marchés en repli depuis 2023
Après le pic de crise, les marchés de l’électricité et du gaz ont connu une baisse progressive. Début 2026, les niveaux observés suggèrent que l’on se situe proche d’un point bas, en particulier sur le gaz. Cela ne garantit rien pour l’avenir, mais offre un contexte plus lisible pour structurer des stratégies d’achat.
La fin des amortisseurs fiscaux
Sur la même période, le bouclier tarifaire a disparu et les accises sont revenues à des niveaux “plein régime”. Résultat : même à marché constant, le prix facturé a pu augmenter. La fiscalité n’est pas un détail : elle fait partie intégrante du prix du MWh.
Zoom par énergie : électricité vs gaz, mêmes réflexes, différences clés
Même unité, mêmes réflexes… mais des mécaniques différentes.
L’électricité est très sensible aux profils horaires et à la puissance. Le gaz l’est davantage aux volumes, à la saisonnalité et aux paramètres techniques du site. Ce qui se compare bien, ce sont des €/MWh complets, à périmètre et période identiques. Ce qui se compare mal, ce sont les indices, les options et les contraintes techniques. Transposer mécaniquement ses réflexes d’une énergie à l’autre conduit souvent à de mauvais arbitrages.
Perspectives 2026 : passer de la lecture des prix au pilotage du risque
En 2026, la vraie question n’est plus de savoir où seront les prix, mais comment l’entreprise s’organise face à ce qui peut encore évoluer. Réglementation, fiscalité et marchés n’agissent ni au même rythme ni avec la même intensité. Les confondre, c’est se priver de marges de manœuvre.
Les entreprises les plus robustes raisonnent désormais en scénarios, ajustent leurs clauses contractuelles, et s’appuient sur une donnée énergie fiable. Ce sont ces choix, bien plus que le niveau facial du prix, qui déterminent l’exposition réelle au risque.
Du prix affiché au prix maîtrisé : ce que doit retenir l’entreprise en 2026
En 2026, le prix du MWh , qu’il s’agisse du prix électricité ou du prix gaz, n’est pas un chiffre à subir. C’est un outil d’aide à la décision. Parce qu’il résulte d’une structure prix énergie complexe — énergie, acheminement, taxes — il impose méthode et rigueur. Les années récentes l’ont montré : le cadre contractuel compte autant que le marché, et la comparabilité des offres est décisive. L’enjeu n’est pas de deviner le futur, mais de maîtriser le risque, d’anticiper les budgets et de piloter ses contrats avec lucidité.
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