Le 1er août 2025, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié sa réévaluation des charges de service public de l’énergie (CSPE) pour 2025 et sa première estimation pour 2026. Les montants atteignent respectivement 10,9 milliards d’euros et 12,94 milliards d’euros, confirmant un retour à la dynamique d’avant-crise. Quelles implications pour la fiscalité énergétique et les factures des entreprises en 2026 ?
Le 1er août 2025, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a publié sa mise à jour annuelle des charges de service public de l'énergie (CSPE), conformément à l'article L.121-9 du Code de l'énergie. Deux volets sont concernés :
• la réévaluation des charges pour 2025, désormais estimées à 10,9 milliards d'euros, contre 8,9 milliards dans l'estimation de juillet 2024 ;
• la première évaluation des charges pour 2026, fixées à 12,94 milliards d'euros, dont 9,7 milliards supportés par le budget de l'État et 3,25 milliards via l'accise sur l'électricité.
Cette publication confirme un retour vers la dynamique d'avant-crise énergétique, après deux années 2022 et 2023 marquées par une envolée des prix de marché et un soutien exceptionnel aux énergies renouvelables.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Pour 2026, la CRE évalue les charges à 12,94 Mds€. L'augmentation par rapport à 2025 (10,9 Mds€) s'explique par deux facteurs principaux :
• une hausse des volumes soutenus de +9 TWh, en application de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE2, période 2019-2028) ;
• une hypothèse de prix de marché durablement bas, qui accroît mécaniquement les compensations versées aux producteurs soutenus.
Si ces prix bas augmentent les charges à compenser, ils sont en revanche favorables aux consommateurs, puisque la facture moyenne d'électricité diminue. On a déjà observé une baisse de 15% des TRVE au 1er février 2025, et la tendance devrait se prolonger en 2026 si les conditions de marché se maintiennent.
Est-ce que cela entraîne une hausse des prix pour 2026 ?
Il est important de rappeler que l'évaluation publiée par la CRE constitue une estimation technique et réglementaire.
• Elle ne se traduit pas automatiquement par une hausse des prix de l'électricité ou du gaz pour les clients finaux.
• Le montant des charges évaluées doit encore être pris en compte par le gouvernement dans le projet de loi de finances. C'est donc le Parlement qui, in fine, valide le montant inscrit au budget de l'État.
• Ensuite, le financement de ces charges passe par les accises sur l'électricité et le gaz. La fixation de son niveau relève également du législateur.
Autrement dit, la publication de la CRE est un élément d'anticipation mais pas une décision définitive. Elle servira de base de travail pour les arbitrages budgétaires de l'automne 2025.
Qui décide du montant des charges à compenser ?
La CRE évalue chaque année les charges de service public de l'énergie : c'est une expertise technique et prévisionnelle.
Ensuite :
1. Le Gouvernement intègre ces montants dans le projet de loi de finances.
2. Le Parlement vote les crédits correspondants et fixe, via la loi, le niveau de l'accise permettant de financer ces charges.
L'annonce de la CRE ne signifie donc pas automatiquement une hausse des factures : c'est une base de travail pour les arbitrages budgétaires à venir.
Quelles conséquences pour les achats d'énergie des professionnels ?
Pour les professionnels, la publication de la CRE ne se traduit pas par une hausse mécanique des factures en 2026. En revanche, elle met en évidence un élément clé : les prix de marché sont aujourd'hui durablement bas.
C'est une excellente nouvelle pour les entreprises, car ils offrent des contrats plus compétitifs et prévisibles, ouvrent une fenêtre stratégique pour sécuriser ses approvisionnements, permettent d'anticiper l'impact futur de la fiscalité, et renforcent la compétitivité en protégeant les budgets contre une remontée des marchés.
Dans ce contexte, les experts d'Alliance des Énergies recommandent d'engager sans attendre une réflexion sur vos contrats 2026-2027-2028, afin de transformer la conjoncture actuelle en levier de performance économique.
Vers une meilleure stabilité à long terme ?
La CRE souligne enfin qu'elle mène des travaux pour améliorer la prévisibilité des charges, en optimisant la valorisation de la production sur les marchés de gros et en tenant compte des variations intrajournalières de prix. L'objectif : stabiliser, voire accroître, les recettes de l'État et limiter les fluctuations budgétaires.
En résumé
• 1er août 2025 : publication par la CRE de la réévaluation des charges pour 2025 (10,9 Mds€) et de la première évaluation pour 2026 (12,94 Mds€).
• Automne 2025 : inscription des montants définitifs au projet de loi de finances et validation par le Parlement.
• 1er janvier 2026 : entrée en vigueur des nouvelles modalités de financement, notamment via l'accise.
Pour les entreprises, la bonne nouvelle est que les hypothèses de marché confirment un environnement de prix plus bas qu'en 2022-2023. Reste à surveiller de près l'évolution de la fiscalité pour 2026, afin d'anticiper au mieux les impacts budgétaires.
Alliance des Énergies suit en continu ces évolutions réglementaires et de marché pour sécuriser, au meilleur prix, les contrats d'électricité et de gaz de ses clients. Contactez nos experts pour évaluer l'impact de ces annonces sur votre stratégie énergétique.